Vous cherchez un alpiniste pour un chantier du bâtiment ? Actual dispose d’agences spécialisées dans les travaux en hauteur. Ergalis et Artus ont eux aussi choisi de se spécialiser pour gagner des parts de marché face aux majors du secteur de l’Intérim comme Randstad.
Dans un marché en croissance depuis des mois et face à la révolution de l'internet, les PME de l'Intérim adoptent des stratégies différentes. Ergalis, fondé en 2010 par l'ancien directeur général de Randstad, Frédéric Noyeron recrute rarement des manoeuvres de chantier ou des opérateurs de production. On y trouve plutôt des offres spécialisées, comme négociateur immobilier, couturier, assistant juridique bilingue ou démonstratrice en parfumerie.Le groupe a fait des marchés de niche le moteur de sa croissance, en évitant soigneusement d'aller concurrencer les majors sur leur terrain. « J'ai identifié deux axes porteurs, la clientèle des PME, qui ont moins recours au travail temporaire en France que dans le reste de l'Europe, et le marché de spécialités, explique le président. Les emplois peu qualifiés sont très bien traités par les grands acteurs. En revanche, lorsque les intérimaires sont plus difficiles à trouver, il faut une réelle expertise, et la différenciation est plus facile. » explique le patron.
Rachats successifs
Accompagné par Activa Capital, puis par le fonds LFPI, Ergalis s'est constitué par rachats successifs, en reprenant 8 sociétés en six ans. Le groupe, qui réalise 160 millions de chiffre d'affaires et emploie près de 300 salariés, compte à son actif une dizaine de spécialités, dont le luxe, le médical, les métiers qualifiés de l'industrie et du bâtiment... Mis à part dans la banque et l'assurance, ses clients sont très majoritairement des PME, ce qui exige « une grande proximité et un gros travail de prospection, car chaque client reste un petit client », ajoute Frédéric Noyer. Avec plus de 60 agences en France, l'entreprise réalise la moitié de son activité en région parisienne, mais elle est aussi présente en Rhône-Alpes, dans le Nord, en Alsace et s'installe dans des grandes villes comme Bordeaux, Toulouse ou Marseille.Si l'intérim constitue la plus grosse part de son chiffre d'affaires, Ergalis est aussi capable de répondre à d'autres demandes, CDD, CDI ou prestations externalisées. « Le monde du travail est en pleine mutation et l'intérim va également bouger » , ajoute le président.
Agences spécialisées
Actual, implanté en Mayenne a une stratégie similaire et cible des agences spécialisées par métiers. Il est notamment devenu spécialiste des cordistes, ces salariés qui travaillent en hauteur sur les monuments ou les ouvrages d'art en reprenant, début 2016, la société Sett et ses quatre agences d'experts en techniques d'alpinisme. Dans le même temps, le groupe d'intérim, basé à Laval, a repris Busybee, un spécialiste des compétences aéroportuaires, autre métier spécifique requérant des accréditations. D'autres agences sont spécialisées dans les travaux ferroviaires, la vitiviniculture, les centres d'appels... Pour Samuel Tual, le PDG, ces agences « animées par des conseillers issus de ces spécialités » sont l'un des atouts du groupe pour séduire les PME. Au cours des derniers mois, le groupe mayennais a accéléré son plan de développement en reprenant quatre sociétés totalisant 50 agences et 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. En combinant ces acquisitions et sa croissance organique, Actual ne sera pas loin des 500 millions d'euros cette année contre 315 en 2014 avec 200 agences. L'objectif est d'atteindre 300 agences à l'horizon 2021.
CDI intérimaires
Samuel Tual souhaite atteindre une taille suffisante pour exister entre les majors de l'intérim et les centaines de petites sociétés d'intérim. « Une telle dimension permet une certaine sécurité tout en conservant une taille humaine dans laquelle les PME se reconnaissent » , estime le dirigeant. Pour capter ce marché des PME, dont celles qui ne disposent pas de moyens en ressources humaines, Samuel Tual mise sur un élargissement de l'offre, notamment vers le portage salarial, les CDI à temps partagé ou les CDI intérimaires. Dans ce dernier cas, la société d'intérim est l'employeur à part entière de l'intérimaire. Charge à lui de lui trouver des missions en permanence, « ce qui implique une connaissance fine du territoire » , poursuit le dirigeant, déplorant que cette formule n'ait pas été valorisée dans la récente loi travail.Sur 65.000 personnes placées par Actual en 2015 (11.000 équivalent temps plein), l'entreprise ne compte que 150 CDI intérimaires mais, selon le dirigeant, ce nombre va doubler cette année et s'accroître rapidement par la suite. Artus a fait le choix de la proximité. « La moyenne des salariés permanents qui suivent les intérimaires approche 1 pour 40 dans l'ensemble de la profession. Chez Artus, nous sommes à 1 pour 20 », revendique Alexis de L'Espinay, directeur général de cette PME qui emploie environ 2.100 intérimaires par jour et une centaine de collaborateurs permanents dans sa vingtaine d'agences réparties dans l'ouest de la France. Pour se différencier des grands noms du secteur, les dirigeants de cette entreprise familiale misent sur « l'humain » , ce qui s'est traduit par le maintien intégral du réseau quand le recours à l'intérim a chuté.Artus a privilégié les implantations des agences au coeur des bassins industriels, comme à Saint-Nazaire (chantiers navals et aéronautiques) et à La Ferté-Bernard (logistique, agroalimentaire). Les PME représentent 80 % de son portefeuille de 1.500 clients par an. Cette stratégie de proximité se décline aussi dans le management. Les chefs d'agence sont en lien direct avec le siège à Tours, sans intermédiaire. « Nous avons minimisé le reporting afin de dégager du temps pour le terrain et le recrutement », dit Alexis de L'Espinay. Le réseau s'étoffe. Trois nouvelles agences ouvriront d'ici un an à Châteauroux, Flers et Laval. « Nous accompagnons l'initiative de nos chefs d'agence de Loches, Caen et Le Mans », précise également Alexis de L'Espinay, qui prévoit d'investir près de 1 million d'euros pour ce déploiement.
Plus de détails sur http://www.lesechos.fr/pme-regions/actualite-pme/021942501861-comment-trois-pme-de-linterim-face-aux-mastodontes-1223023.php
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