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L'Entreprise, no. 0230 Gérer, janvier 2005, p. 66 DES REPÈRES POUR LES ENTREPRENEURS QUI SE LANCENT Bien choisir sa société de portage salarial Laurent Dupin redaction@lentreprise.com

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L'Entreprise, no. 0230 Gérer, janvier 2005, p. 66 DES REPÈRES POUR LES ENTREPRENEURS QUI SE LANCENT Bien choisir sa société de portage salarial Laurent Dupin redaction@lentreprise.com

Enquête. L'indépendance vous tente, mais vous hésitez à créer votre entreprise ? Le portage salarial peut être la solution... Il s'agit cependant d'éviter les écueils, pièges et voies de garage. Et ils sont assez nombreux.

C'est un de ces nombreux ingénieurs devenus consultants en solo qui parle. « Je ne voulais pas me retrouver tout seul au moment de lancer mon activité. En passant par une société de portage, j'avais l'impression de limiter les risques, de pouvoir me roder et commencer à me constituer un portefeuille de clients. Avec, au cas où mon business ne décollerait pas, la possibilité de reprendre plus facilement un poste de cadre dans une entreprise. » Hybride. C'est le mot qui vient à l'esprit lorsqu'on entreprend d'explorer la piste du portage salarial. Cette forme de travail, entre salariat et indépendance, temporaire et intermittence, est née officiellement au milieu des années 1980. Fortement développée dix ans plus tard, elle compte aujourd'hui 12 000 « portés » en France, d'après diverses estimations. Portés ? Le terme est sec mais désigne le fait qu'un consultant, au lieu de facturer directement les entreprises pour lesquelles il effectue des missions, est salarié (en CDD ou en CDI) d'une société de portage, qui sert d'intermédiaire administratif et comptable entre l'indépendant et son client. Clairement, le portage est une relation à trois virtuelle, même si les acteurs du secteur n'aiment pas cette définition. Comment s'y retrouver quand on n'y connaît rien ou presque ? « La plupart des personnes de mon entourage ne savent pas ce qu'est ce régime », confie un porté sur Paris. A écouter les acteurs eux-mêmes, le choix se fait un peu au petit bonheur la chance. On peut bien tomber comme croiser d'authentiques escrocs. Pour procéder de façon plus fiable, voici quelques bonnes pratiques à adopter.

ÉTAPE 1 : SE POSER LES BONNES QUESTIONS SUR SOI

Un truisme, mais, face au portage, il faut commencer par faire un bilan sur... soi-même. « S'analyser », appuie même Henri Carmona, quinquagénaire grenoblois devenu entrepreneur et « porté ». Analyse d'abord de ses aspirations personnelles. « Je n'ai pas été de suite convaincue par le concept, mais plutôt séduite par la perspective d'indépendance, de travail dans la diversité... ce que je recherchais », détaille Evelyne, portée quadra. Ensuite, la question est de savoir si l'on a le profil. Le porté est nécessairement quelqu'un en dehors - temporairement ou définitivement - du monde salarié classique : un cadre au chômage, un senior en fin de carrière, un jeune à ses débuts, bref de ceux qui ne rentrent pas bon gré mal gré dans les canons de la population active « normale » (27 millions de personnes, NDLR). Ensuite, il est plutôt un cadre confirmé ou tout au moins un expert aguerri dans son domaine : on le recherche pour des missions, des opérations ponctuelles et/ou régulières plutôt dans le conseil, la communication, l'audit, la formation. Bref pour fournir des prestations intellectuelles, qu'il soit spécialiste de l'informatique de réseaux, du marketing produits, de la sécurité industrielle... Pour autant, certaines missions se révèlent - tel que nous l'avons constaté lors de notre enquête - plus basiques, simples prestations de services : rédaction d'une revue interne, dessin de plans de maison, réalisation de site web... Le terme de consultant n'est pas toujours adapté. Josette Londé, présidente de la Fenps (1), l'une des deux organisations professionnelles du secteur avec le syndicat Sneps (2), à la suite d'une scission début 2004 : « Nous comptons aussi des activités non intellectuelles. Nos sociétés membres ont des consultants mais également des portés skipper, coiffeuse à domicile, rénovateur de meubles anciens... » Enfin, le porté est par essence quelqu'un de souple. Le démarchage commercial ne vous horripile pas ? La mobilité et le travail en multisites ne vous rebutent pas ? Se passer de collègues n'est pas une souffrance ? Fort bien, vous pourriez faire un bon aspirant porté.

ÉTAPE 2 : PRENDRE LE TEMPS DE SE RENSEIGNER

Le portage salarial n'est pas encore une activité clairement balisée, avec législation idoine, organismes représentatifs nombreux et denses (voir encadré page suivante). Si vous voulez vous lancer, il est urgent... de ne pas vous presser. Et de passer au scanner la société de portage que vous avez repérée, de vérifier sa crédibilité, sa solvabilité et ses références. Une petite enquête, minutieuse et patiente, est utile. « J'ai réalisé une veille dans la presse et visité le Salon des entrepreneurs en 2002, explique Barbara Ouvrard, attachée de presse portée d'ITG. Puis j'ai complété en prenant des contacts sur les sites web des sociétés. » La première difficulté est de savoir analyser les informations trouvées justement sur ces sites. Car l'esbroufe est possible. « Une société de portage peut avoir un très joli site internet, mais rien derrière... », prévient Gilles, jeune porté de 24 ans. Inversement, l'absence totale de site internet peut traduire un manque de moyens ou une organisation défaillante. La deuxième difficulté est d'interpréter les données fondamentales sur la viabilité de la société (chiffre d'affaires, résultats...). Ensuite, il s'agit, le cas échéant, de discerner le discours commercial poussif, qui voudrait vous faire prendre des vessies pour des lanternes. Sur la page d'accueil d'un site du secteur, on peut lire : « En portage salarial, vos futurs honoraires deviennent un salaire. » On signerait de suite ! Mais la réalité est moins simple...

ÉTAPE 3 : RENCONTRER LES RESPONSABLES PHYSIQUEMENT

C'est une étape souhaitable pour estimer de visu à qui vous avez affaire. « J'avais été rassurée par le fait d'être reçue », se souvient Stéphanie, ex-portée au sein d'ITG dans les années 1990. Vous vérifierez ainsi que l'adresse des bureaux correspond bien à... un bureau. Et pas à une sous-location, à une pièce mal éclairée ou à une simple boîte postale ! « Il y a des gens qui s'installent dans un garage, avec juste un ordinateur », témoigne avec franchise Agnès Audouin, du cabinet Altros. Mais vous pouvez tout aussi bien vous contenter d'une boîte postale si vous n'avez besoin que d'un service limité et que vous vous débrouillez seul.

Assurez-vous que le personnel de la société existe bien et qu'il ne se résume pas à quelques bras cassés ou demi-pointures ! « Chez certains, j'étais reçue par des stagiaires plus jeunes que moi... », se souvient une portée. Pas très crédible, en effet. Contrôlez qu'on retrouve bien dans la logistique le « look » affiché. Si un point vous gêne dès ce stade, n'hésitez pas : posez des questions, insistez si on élude. Une société peut déménager, manquer de telle ressource ou être en réseau virtuel (internet le permet). Encore faut-il qu'elle vous l'explique clairement et honnêtement. A l'inverse, le fait que la société soit installée dans un loft rutilant de 200 m2 au coeur de Paris doit être pondéré : vous travaillerez principalement de chez vous ou chez un client, pas dans ce luxe.

ÉTAPE 4 : ÊTRE EXIGEANT SUR LE CONTRAT ET LES CHIFFRES

Une fois votre choix fait, reste à établir votre contrat de travail. Il doit préexister à tout contrat de mission avec vos clients et cadrer un certain nombre de dispositions. Il faut avant tout bien le lire, comme en témoigne un aspirant porté qu'on avait rassuré verbalement au premier contact : « A ma surprise, en lisant le contrat qu'ils m'ont donné, j'ai constaté que c'est le salarié qui doit relancer le client pour les retards de paiement. Et, en cas de mauvais paiement, la société de portage se réserve le droit de suspendre le contrat. »

Au premier rang des dispositions écrites figurent les frais de gestion qui seront retenus par la société de portage. En général, ils sont compris entre 10 et 12 % et incluent la gestion administrative de vos salaires. Ils peuvent descendre en dessous, voire être variables, selon le volume de chiffre d'affaires dégagé. Attention : variabilité ne veut pas dire yo-yo ; une baisse est acquise et non révisable. Demandez une projection, un scénario de feuille de paie pour établir clairement les chiffres. Contrairement à une idée reçue, il ne s'agit pas de négocier vos frais : « Je parlerais plutôt d'une phase d'appréciation du rapport qualité-prix, commente Michel At, président du Sneps. Des tarifs trop bas doivent faire fuir. A l'inverse, 15 %, c'est trop cher. » Reste que, si vous vous moquez des « plus », que vous êtes autonome et déjà doté d'un fichier clients fort, traquer les moindres frais peut être légitime. « J'ai surtout regardé mon intérêt financier, confie Christophe, porté dans l'est de la France, qui a mené une étude rapide du marché. 15 % de frais ? Je passais mon chemin. »

ÉTAPE 5 : SOIGNER LE DÉMARRAGE ET S'ORGANISER

C'est le point le moins évident. Dans l'élan d'une première mission exaltante, on peut oublier de s'organiser. « Le porté se lance comme on lance une affaire, note Christophe Hinfray, directeur général de Valor. Il lui faut une forte conviction et une idée, quelque chose de plus à raconter. Cela pour convaincre un client de travailler avec lui. » Restent les moyens : il est nécessaire de se réserver dès le début le temps de démarcher d'autres clients pour pérenniser son activité. « Le consultant est en charge de la relation clients », souligne Michel At, du Sneps. « Chef d'entreprise, employé, responsable administratif, commercial... un porté est tout cela à la fois. Il se rend vite compte de ses lacunes », note Gilles, notre benjamin porté (voir l'encadré p. 69).

Donc, il importe en amont de soigner la tenue de son agenda, de planifier son emploi du temps... L'activité future s'appuiera sur ces saines fondations. Et il est préférable de ne pas se lancer tête baissée dans le travail à domicile, enfermant et sclérosant : « Il faut éviter l'isolement. C'est pourquoi nous organisons chaque jeudi une réunion de réflexion dans nos murs », indique-t-on chez Altros. D'autres sociétés de portage proposent le même accueil.

En théorie, le portage salarial se veut une solution transitoire vers un autre état salarié ou une phase de test pour créer une entreprise. « La société de portage n'est que l'emballage de nos compétences et de nos prestations », renchérit Henri, porté chez Altros. Une belle formule qui vaut un long discours.

(1) Fenps : Fédération nationale du portage salarial.

(2) Sneps : Syndicat national des entreprises de portage salarial.

LES SIGNAUX À SURVEILLER

FEU ROUGE

Méfiez-vous si la société de portage...

1. n'a pas de bureaux physiques, d'adresse en dur

- Gênant si vous recherchez un contact, un cadre... ou alors vous vous adaptez à une entreprise en réseau virtuel éclaté.

2. ne compte pas de personnel en dehors du patron et d'un(e) assistant(e)

- Quèsaco, quand vous aurez besoin de supports, d'aide rapide ? (Sauf s'il s'agit d'une petite société avec peu de portés.)

3. est capitalisée à 1 euro

- Trahit un manque d'investissement manifeste dans le projet d'entreprise, et une logistique a priori faiblarde.

4. réclame 15 % (ou plus) de frais de gestion

- Trop cher ou signe d'une âpreté au gain peu rassurante pour une relation professionnelle de qualité.

5. réclame 5 % (ou moins) de frais de gestion

- Peut induire des frais annexes cachés ou une absence de services patente.

6. ne propose ni carte de visite ni courrier à son en-tête

- Vérifier ses statuts et son sérieux au passage.

7. n'a pas d'assurance responsabilité civile professionnelle

- Gare aux accidents chez votre client !

FEU VERT

Allez-y si la société de portage...

1. vous propose un rendez-vous d'emblée

- Elle n'a rien à cacher et possède réellement des bureaux.

2. édite une charte et une documentation nourrie

- Elle a pris le temps de réfléchir à sa démarche et son offre ne se résume pas à une boîte à feuilles de salaire.

3. possède un site web clair et complet

- Elle y a mis le budget suffisant et sait communiquer. Attention cependant qu'il n'y ait pas que cette vitrine et rien derrière...

4. propose d'abaisser les frais de gestion en cas d'augmentation de votre chiffre d'affaires

- C'est correct ; à défaut, proposez-le d'emblée.

5. vous délègue une personne, responsable de votre dossier

- C'est nécessaire, quand vous aurez besoin de renseignements ou de support.

6. est membre de l'un des deux organismes de la profession : le Sneps ou le Fenps

- C'est un gage de sérieux.

7. possède des bureaux ou une antenne en province

- Cela peut être pratique en termes de proximité par rapport à votre lieu de résidence.

DOMINIQUE MURON, publiciste installée à Paris, « portée » depuis 1996

« Depuis huit ans, le portage m'offre de la liberté »

En 1996, un licenciement met Dominique Muron, qui travaillait dans une agence de publicité, sur la voie de l'indépendance. « Mais j'appréhendais les questions de comptabilité, de papiers administratifs... ». Elle en parle alors autour d'elle : « Un ami, lui-même directeur artistique free-lance, m'a suggéré le portage, formule que je ne connaissais absolument pas, ayant toujours été salariée jusque-là. » Elle suit des réunions de premier contact, mais ne se sent pas en phase avec les premières sociétés qu'elle démarche, trop importantes pour elle, habituées à gérer de gros contrats. Elle passe son chemin et s'adresse à plus petit, surtout à plus proche « intellectuellement » : « J'ai rencontré Jam, créé par un ancien de la publicité. Le contact est tout de suite passé. » Sa clientèle ? « Avec les 22 agences de Paris pour lesquelles j'avais travaillé auparavant, je tenais mon fichier sans difficulté. » Elle va dès lors effectuer des missions pour plusieurs agences de pub qui n'ont pas les moyens d'embaucher des rédactrices en poste ou qui sous-traitent lors d'un coup de feu. Elle gère ainsi régulièrement cinq à six clients, en collaboration avec des directeurs artistiques, dont deux l'ont d'ailleurs suivie chez Jam. « J'étais terrifiée de voir le temps qu'ils passaient à la paperasse et leur stress au moment de payer l'Urssaf » note-t-elle.

Sortir de ce rythme n'est pas à l'ordre du jour : « Monter ma boîte ? Quelle horreur ! [sur le ton de la plaisanterie, NDLR.] J'aurais beaucoup plus de stress et d'ennui. La liberté, c'est fabuleux ! » A 57 ans, portée depuis huit ans, Dominique Muron travaille de chez elle. Elle ne regrette en rien l'ambiance exaltée des agences de pub parisiennes : « Vous savez, la publicité vécue dans les agences est un monde dur. Un jour, on est un génie, le lendemain, un moins que rien. » La relation humaine, elle l'a retrouvée dans le portage : « J'ai eu seulement trois interlocutrices chez Jam en huit ans. L'actuelle, Nelly, me connaît personnellement. Je lui envoie une facture sur papier libre ou le bon de commande de mon client. Elle gère le suivi, me prévient en cas de retard ou d'impayé et relance mes clients si nécessaire. » Qui dit mieux ?

REVENU MOYEN : a débuté en deçà de son revenu antérieur (30 000 francs à l'époque)

PORTEFEUILLE : cinq à six clients

COMMISSION DE LA SOCIÉTÉ DE PORTAGE : 8 %

HENRI CARMONA, consultant en stratégie et en organisation installé à Grenoble, « porté » depuis 2002

« C'est la qualité des personnes qui fait la différence »

A 50 ans, en 2002, Henri Carmona décide de se former à l'IFG pour étoffer son CV, où ne figure « que » son bac F1. Il en ressort avec une proposition de mission chez Framatome, lequel n'embauche pas à l'époque... Un ex-collègue le met sur la voie du portage, par le biais de la société qu'il vient de créer : Altros. Pour Henri Carmona, l'aspect humain est déterminant dans le choix du partenaire : « Le facteur clé, c'est le dirigeant, son éthique, pour que le "porteur" ne soit pas une simple boîte à salaires. » Autre aspect clé : que la société de portage fonctionne comme un réseau de cadres. « On est indépendant mais le but est d'être moins seul. Chez Altros, je trouve des gens ayant soit un profil proche, soit d'autres compétences qui peuvent m'éclairer. »

REVENU MOYEN : 60 000 euros par an PORTEFEUILLE : trois à quatre clients en moyenne COMMISSION DE LA SOCIÉTÉ DE PORTAGE : 10 %

GILLES BAUDIN DE LA VALETTE, ingénieur informatique installé à Paris, « porté » depuis octobre 2004

« J'ai comparé les services et les frais de gestion »

Créer son entreprise, Gilles Baudin de La Valette en a la ferme intention. A 24 ans, cet ingénieur informatique a monté le business plan de sa SSII. Mais le premier tour de table tarde à se boucler... Pour avancer malgré tout, il se rend aux réunions d'information de plusieurs sociétés de portage. L'analyse est vite menée : « J'ai simplement identifié la meilleure offre rapportée aux frais de gestion. » Il écarte rapidement « les sociétés qui n'ont pas de réseau, où il n'y a rien derrière un joli site internet ». Alternatives Missions retient sa faveur. Il y a débuté en octobre dernier, avec un seul client. « Mon objectif est de me créer un panel de clients et de cumuler un minimum de missions pour en vivre. »

REVENU MOYEN : 1 000 euros nets par mois pour l'instant

PORTEFEUILLE : un client (lancement)

COMMISSION DE LA SOCIÉTÉ DE PORTAGE : 12 %

DINO BETTINESCHI, architecte installé à Epinay-sur-Seine (93), « porté » depuis 2001

« Mon "porteur" doit m'aider à mener des missions diverses »

Dino Bettineschi a entendu parler du portage en 1997, quand il travaillait encore dans un cabinet d'architectes : « On se rendait compte qu'il serait difficile d'avoir un CDI dans notre profession. En même temps, on avait tous des clients que l'on se sentait capable de conserver en indépendant. » Il rencontre donc des sociétés de portage et flashe sur ITG : « Ce sont des anciens de HEC qui l'ont monté et ils étaient les premiers à avoir une plaquette. » Il entreprend une première mission auprès d'un cabinet d'architecture, puis une autre... Il « tourne avec deux ou trois clients ». Les bonnes relations avec son « porteur » lui permettent d'accepter des missions diverses. A 41 ans, ce solo se dit satisfait de cette souplesse, même s'il l'avoue « précaire ».

REVENU MOYEN : 1 500 euros brut par mois

PORTEFEUILLE : deux à trois clients récurrents

COMMISSION DE LA SOCIÉTÉ DE PORTAGE : 8 %

LES CLÉS

Le portage : une relation à trois

- Le consultant : il signe avec la société de portage un contrat de travail.

- Le client : il signe un contrat de mission avec la société de portage.

- La société de portage : elle facture la prestation du consultant au client et verse au « porté » (le consultant) le montant des honoraires, diminué des frais de gestion et des charges patronales. -

ATTENTION

Un certain flou juridique

- Les sociétés de portage chantent les vertus de leur concept. Ecoutons ce qu'en disent les partenaires sociaux. A commencer par le Syntec, syndicat des sociétés de conseil, dont elles appliquent la convention professionnelle. Discours réservé : « Nous ne pensons rien ni en bien ni en mal des sociétés de portage, mais nous avons refusé qu'elles entrent au Syntec. Ce sont des prestataires de service de paie, plutôt des marchands, et pas des cabinets de conseil », explique Jean-Luc Placet, président de Syntec Management.

Même flou concernant l'Unedic. Les sociétés de portage affirment à l'unisson que tout va bien, admettant juste quelques blocages sur tel ou tel dossier. La position de l'Unedic est plus nette : « Nous considérons que les portés sont des travailleurs autonomes », souligne Béatrice Doucet, responsable juridique en charge du dossier. Le porté prend un risque. S'il peut cumuler droits Assedic et portage, et ce durant un certain temps (dix-huit mois), il risque de se voir refuser de nouveaux droits s'il se fait remercier par la société de portage.

REPÈRES

Pour trouver le bon contact

- Sneps : Syndicat national des entreprises de portage salarial

(14 adhérents).

www.portagesalarial.org

Tél. : 01 45 08 86 86.

- Fenps : Fédération nationale du portage salarial (32 adhérents).

www.fenps.org

Tél. : 06 62 64 55 91.

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