process alimentaire logo

Process Alimentaire, no. 1319 Procédés, novembre 2014, p. 56,57

Actualités Production Des outils pratiques pour gagner en performance industrielle S. P

 

process alimentaire logo

Process Alimentaire, no. 1319 Procédés, novembre 2014, p. 56,57

Actualités Production Des outils pratiques pour gagner en performance industrielle S. P

La nouvelle Direction générale des entreprises du ministère de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique a organisé le 21 octobre 2014, en collaboration avec l'Actia, une conférence sur la performance industrielle en agroalimentaire. Des industriels ont témoigné des actions concrètes mises en oeuvre.

La DGE (direction générale des entreprises) a organisé le 21 octobre 2014 un colloque sur la performance industrielle. «Cet événement est l'occasion de rappeler l'importance que doivent accorder les entreprises au management de la performance industrielle, comme levier d'amélioration de leur compétitivité», introduit Alain Schmitt, directeur adjoint de la DGE. Or la performance industrielle passe non seulement par un travail sur les coûts, mais aussi par la qualité des produits et services ainsi que par l'image de qualité des entreprises elles-mêmes. Dans le cadre du Plan Qualité Performance, l'Actia a coordonné un plan d'amélioration des performances des PME, s'appuyant sur des actions collectives. Entre métrologie industrielle et excellence opérationnelle, l'objectif du projet était de mettre à disposition du secteur agroalimentaire des outils et des méthodes qui ont apporté des résultats dans d'autres secteurs industriels, comme l'automobile.

Ainsi, Joseph Costa, consultant en excellence opérationnelle depuis 23 ans, a veillé à tordre le cou à certaines idées reçues sur les outils du lean management. «Apprendre à identifier et à réduire les gaspillages est le principe fondamental du Lean», soutient-il. En recentrant l'activité sur les opérations à valeur ajoutée, il devient possible d'améliorer simultanément les critères de qualité, coûts, délais mais aussi de sécurité et d'implication. A l'image de la qualité au sens large, le lean vise la satisfaction de tous les acteurs de la chaîne de valeur (l'entreprise, son personnel, l'environnement, les clients, les fournisseurs). Ainsi, la démarche est faite pour tous, quels que soient le secteur d'activité ou la taille de l'entreprise. «Mais, pour un succès durable de la démarche, il est nécessaire de pérenniser un état d'esprit lean dans l'entreprise, au niveau de la gestion des standards, de la résolution des problèmes, des outils mis en oeuvre, de l'animation des équipes», affirme Joseph Costa.

Des indicateurs et des hommes

Ces enjeux du lean ont été étayés et illustrés par des industriels au cours de deux tables-rondes. La première était consacrée à la mise en oeuvre des outils de la performance énergétique. Sans mesure, il ne peut y avoir d'amélioration de la performance. C'est pourquoi la DGCIS a soutenu le programme Compt'IAA Energie, qui a accompagné 20 PME dans la mise en place d'un plan de comptage des énergies (Lire numéro de février 2014, p. 52). La coopérative Copvial, qui a témoigné lors de cette journée, était l'une d'entre elles. La confiturerie JM Chatelain a quant à elle présenté son projet d'excellence opérationnelle, avec à la clé des gains rapides et importants en termes d'organisation de la production, de coûts mais aussi de bien-être du personnel. Une notion qui ne doit pas considérée comme contradictoire avec celles de performance et de productivité. Une seconde table ronde a en effet démontré que l'amélioration des conditions de travail pouvait être un véritable levier de compétitivité.

Encadré(s) :

LA PAROLE À JULIE DEMAY, DIRECTRICE INDUSTRIELLE DE LA COOPÉRATIVE COPVIAL

Nous sommes équipés pour mieux regarder et mieux piloter

Cette coopérative, qui regroupe 650 éleveurs (de porcs et bovins), a pour vocation de trouver des débouchés à la production de ses adhérents, avec le plus de valeur ajoutée possible. La structure, qui dispose d'un site d'abattage, est en pleine évolution suite à l'acquisition d'un site de transformation secondaire et tertiaire.

Pourquoi avoir participé à ce programme ?

Notre abattoir, construit en 1996, a été initialement conçu pour accueillir, dans un même bâtiment divisé en deux, deux sociétés différentes, l'une abattant des bovins et la coopérative Copvial abattant des porcs. Des compteurs avaient été installés dans le but de répartir les charges en matière d'énergies, d'eau, de déchets. La seconde société s'est ensuite désengagée de l'abattoir, laissant à Copvial un site complet. Ce dernier disposait donc d'une GTC (gestion technique centralisée) mais aussi de compteurs électriques divisionnaires, thermiques froid, de compteurs d'air comprimé et d'eau. Beaucoup de mesures étaient effectuées mais leur exploitation était difficile. Nous étions demandeurs d'indicateurs plus pertinents de notre consommation énergétique en fonction de notre activité.

Quels ont été les gains observés dans le cadre de Compt'IAA Energie ?

Depuis sa construction, l'abattoir possède une pompe à chaleur. Suite à une panne sur le système de récupération de chaleur, nous avons été en mesure d'en évaluer le bénéfice économique. L'équipement génère une économie de 17 % de la consommation électrique du site. Un autre exemple de progrès concerne le gaz. Avec des indicateurs appropriés, nous avons pu identifier des dérives de consommations, relatives à un dérèglement au niveau du flambage. Depuis le projet Compt'IAA Energie, nous sommes équipés pour mieux regarder et donc mieux piloter l'installation. Le plan de comptage nous apporte également des clés de décision sur certains projets.

La DGE en action

Créée par décret le 15 septembre dernier sur la base de la DGCIS (Direction générale de la compétitivité, de l'industrie et des services), la DGE (Direction générale des entreprises) a pour vocation de favoriser, avec l'appui des Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) la création, le développement, l'innovation et la compétitivité des entreprises de toutes tailles, en France comme à l'international.

LA PAROLE À SÉBASTIEN CHATELAIN, GÉRANT DE LA CONFITURERIE JM CHATELAIN

Notre organisation est beaucoup plus fonctionnelle

La confiturerie Chatelain est une entreprise artisanale créée en 1981 qui réalise un chiffre d'affaires de 1,3 M?. Six salariés à temps plein et sept saisonniers confectionnent sept gammes de produits.

Qu'est-ce qui vous a conduit à mettre en oeuvre une démarche d'excellence opérationnelle ?

La société a connu deux années de croissance à deux chiffres. Dans le même temps, elle a souffert de problèmes dans l'organisation et dans la méthodologie de travail. Il était urgent de repenser notre façon de travailler.

Quels moyens avez-vous mis en oeuvre pour résoudre ces problématiques ?

Nous avons suivi une formation avec le cabinet PI Consultants, à la fin de laquelle nous avons été en mesure de formaliser des problématiques et des axes d'amélioration. Cinq visites d'un consultant ont permis d'auditer notre fonctionnement et d'établir une liste des priorités. J'ai choisi d'accueillir un stagiaire ingénieur sur le thème de la qualité au service du lean management. Nous avons aussi recruté une personne en portage salarial pendant six semaines. Cet emploi a été financé par le budget interne de l'entreprise. Le Critt nous a permis de financer une partie de la formation.

Des investissements importants pour une petite structure. Quels ont été les gains ?

La méthodologie 5S a permis de fédérer les équipes. En déployant des outils du lean, nous nous sommes rendu compte que nous avions la capacité d'augmenter le flux de production à équipement et personnel constant. Notre organisation est beaucoup plus fonctionnelle, nous avons plus de place dans l'atelier et le stock. Nous savons aussi gérer les pannes en mode anticipatif. En prime, cette place retrouvée nous permet de commander des camions entiers d'emballage, et donc de gagner sur les coûts d'approvisionnement.

La productivité a augmenté. Cet été, nous avons produit chaque jour 500 kg de confiture d'abricot de plus en 30 à 45 minutes de moins. Nos consommations d'énergie ont diminué de 40 %.

Illustration(s) :

Pbagein Alain Schmitt, directeur adjoint de la DGE (au pupitre et sur l'écran) a insisté sur l'importance que doivent accorder les entreprises au management de la performance industrielle.

© 2014 Process Alimentaire. Tous droits réservés.

Articles similaires
Commentaires