Tout d’abord, faisons un petit récapitulatif des rôles de votre ESN de placement, du client et de vous-même.
 
Vous êtes un consultant en informatique et vous touchez un TJM de la part de votre ESN qui vous a placé. Cette ESN touche entre 20 % et 40 % de votre TJM alors que vous faites la prestation de services. Votre ESN se renseigne sur les missions possibles (prospection) et leurs adéquations avec votre CV, votre personnalité… Elle priorise ses salariés et fait appel à vous lorsqu’elle ne trouve pas les compétences parmi eux. Elle vous présente à ses clients ou prospects chez qui elle est référencée (le seul moyen de décrocher la mission) et le client décide de travailler avec vous ou pas.
 
La société pour laquelle vous faites du consulting est le client de votre ESN de placement. Vous ne faites qu’assister votre ESN dans la résolution des problématiques IT (cf le contrat entre votre ESN de placement et votre société). Lorsque vous sortirez de la mission, vous ne pourrez reparler au client de votre ESN de placement et y référencer votre société uniquement lorsque vous ne serez plus en contrat avec celle-ci et que vous aurez reçu votre dernier paiement.
 
Si le management de l’ESN est paternaliste, vous déjeunez régulièrement avec l’ingénieur commercial qui vous a placé : ça existe encore dans les petites ESN… Dans le cas contraire, vous ne le reverrez jamais mais l’ESN touchera sa commission jusqu’à la fin de votre prestation. Les grandes ESN placent les consultants IT indépendants une seule fois ensuite vous n’entendez plus parler d’elles. Donc, vous ne devez avoir aucun scrupule à vous faire référencer pour être rappelé par le client dans ce cadre. Certaines ESN à taille humaine travaillent sur votre replacement une fois qu’elles connaissent la date de fin de mission : elles sont respectables et évitez de les concurrencer.
 
Les ESN de placement et vous-même avez le même code APE. Donc, juridiquement vous êtes des concurrents légaux.
 
Dans le marché actuel, étant donné le principe du référencement, il est très rare mais pas impossible de se placer soi-même.
Maintenant, parlons des salaires. Si vous êtes en SARL, vous devrez retirer 47 % de votre CA HT ainsi que la CET. Si vous êtes en SAS, ça sera 60 % de votre CA HT et la CET. Si vous avez un montage offshore avec le Royaume-Uni, ça sera 2 % de votre CA TTC et il vous restera 98 % de celui-ci TTC. Dans les 3 cas, vous devrez payer vos charges journalières, repas, carburant….Je vous conseille de vous verser tout ce que vous pouvez en laissant uniquement votre capital social sur le compte de votre entreprise. Si vous ne le faites pas, vous devrez payer l’IS qui intervient sur les bénéfices restants, une fois que votre salaire a été versé.
 
Si une société de portage salarial vous appelle pour faire du freelancing, créer votre société sera beaucoup plus avantageux. La société de portage prendra en plus de la commission de l’ESN de placement entre 4 % et 14 % de votre TJM. Son rôle est de vous verser un salaire et de payer les cotisations salariales et patronales. Créer une société et s’entourer d’un comptable à 1000 Euros l’année est plus rémunérateur.
Certes, la société de portage vous ouvre le droit à l’ARE de Pôle Emploi. Mais, étant donné la commission qu’elle prend, ça me parait normal. Vous perdez entre 24 % et 54 % de votre CA. Vous gagnerez plus à ne pas dépenser tout ce que vous gagnez et garder une somme d’argent en cas d’intercontrats prolongés.
 
Votre CA ne doit être versé qu’à l’Etat et à vous-même.
 
Source : http://greenitways.com/portage-salarial-freelances-realite/
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