D’après la 3ème édition de l’enquête annuelle sur « les perspectives d’emplois dans les TPE et PME » de Meteojob et de Companeo*, 1/4 des TPE et des PME seraient en sous-effectif chronique.
Si, en 2015, les PME (entreprises dont la taille est comprise entre 10 et 250 salariés) ont majoritairement embauché tous types de contrats confondus, 1/4 d’entres elles estiment être régulièrement en sous-effectif. Ce chiffre monte à 60 % si l’on prend en compte les entreprises qui se disent ponctuellement en sous-effectif.
66,7 % des PME interrogées ont déclaré avoir embauché au moins un collaborateur en CDI et en CDD, 44,4 % ont recruté des contrats en intérim et 29,4 % des contrats divers (freelance, autoentrepreneurs, portage salarial).
« Il y a deux manières d’interpréter ces chiffres selon que l’on veut voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. Dans un cas, la stabilité des prévisions de recrutements d’une année sur l’autre est le signe que la confiance n’est pas revenue, que les chefs d’entreprise continuent de piloter à vue. Dans l’autre cas, c’est que les mêmes causes produisant les mêmes effets, il va encore y avoir de très nombreux postes à pourvoir cette année dans les petites et moyennes entreprises qui continuent à créer de l’emploi là où les grandes entreprises en détruisent » explique Philippe Deljurie, cofondateur de Meteojob.
Principal frein invoqué : le coût du travail
Malgré leurs besoins, les dirigeants freinent lorsqu’il s’agit de recruter. Pour 66,2 % d’entre eux, c’est le coût du travail qui freine le nombre d’embauches potentiellement réalisables sur l’année 2016. Le manque de flexibilité dans le contrat de travail arrive en seconde position (51,4 %) face à une activité qui varie fortement au cours de l’année. En revanche, le manque de visibilité sur les perspectives économiques (32,4 %) ou la volonté de dépasser un seuil avant d’être soumis à d’autres obligations (6,8 %) n’inquiètent pas les entreprises sondées.
Des salariés surchargés vs des travailleurs précaires en sous-régime
« Il me semble que le phénomène du sous-effectif est le résultat d’une absence de visibilité conjuguée à la rigidité du marché du travail : sans visibilité, le chef d’entreprise préfère absorber les éventuels pics de charge avec les personnes déjà en poste (et en qui il a confiance ?). (...) Quoi qu’il en soit, les conséquences sont assez importantes et créent un déséquilibre qui n’est finalement profitable à personne : d’un côté des "insiders" avec toujours plus de travail, au risque d’aller vers l’épuisement ; de l’autre les "outsiders" qui ont bien du mal à rentrer sur le marché du travail » conclut Philippe Deljurie.
* Meteojob (site de recrutement) et Companeo (place de marché internet pour les achats des TPE et PME) ont mené cette enquête entre les 14 et 16 mars 2016 auprès d’un panel de 1 056 chefs d’entreprises de TPE ou PME, commerçants artisans et professions libérales.
Source : http://www.focusrh.com/actualites-rh/a-la-une/actualites/2016/03/24/un-quart-des-tpepme-sont-sous-effectif-chronique.html
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