On présente souvent la solitude comme une difficulté inhérente au travail indépendant. Face à cette situation difficile, des travailleurs indépendants arrivent pourtant à trouver des ressources. En tissant des relations avec des structures telles que les entreprises de portage salarial, les coopératives d’activité et d’emploi ou des espaces de coworking, ils saisissent une forme de réponse face à l’absence de collectif de travail traditionnel que leur impose la mutation du marché de l’emploi.
Nos différents travaux partageaient l’ambition de mieux comprendre comment de nouvelles formes organisationnelles permettent aux travailleurs indépendants de (re)créer du collectif.
Des nouvelles formes organisationnelles pour les nouvelles formes d’emploi
L’éloge de l’entreprise de soi résonne en filigrane des discours managériaux et sociétaux à l’œuvre depuis près d’une vingtaine d’années. Elle se mue désormais en véritable injonction dans une société caractérisée par la hausse du chômage, les plans sociaux et autres restructurations brutales. Dans ce contexte, les individus sont « invités à » ou « contraints de » créer leur propre activité professionnelle, au gré des opportunités saisies ou construites à partir de leur réseau.
Les travailleurs indépendants sont une figure de proue encensée par les médias de masse valorisant la montée du freelancing, des « slashers », de la « gig economy » et de l’économie des plateformes. Ils représentent un groupe professionnel fortement hétérogène, en souffrance d’appellation consensuelle et rarement considérée par les approches en qualité de vie au travail. Bien qu’il s’agisse d’une population encore minoritaire (en Europe, selon les pays, 10 à 15 % des travailleurs sont indépendants), des structures ont émergé, visant à faciliter et optimiser le quotidien de ces travailleurs présumés autonomes et, bien souvent, isolés. Nous avons étudié trois d’entre elles:
Une recherche en psychologie du travail menée auprès de salariés permanents d’une entreprise de portage salarial (EPS par la suite). La structure assure les tâches administratives de travailleurs indépendants et les salariés à la hauteur de leur chiffre d’affaire.
Un recueil de données approfondi a été réalisé dans le cadre d’une thèse en sciences de gestion au sein d’une coopérative d’activité et d’emploi (CAE). La CAE assure les mêmes services qu’une entreprise de portage, mais au sein d’une structure coopérative où les travailleurs autonomes deviennent sociétaires et participent au fonctionnement de l’entreprise collective.
Enfin, une recherche biographique a été conduite auprès de travailleurs indépendants usagers d’espaces de coworking. Ces structures louent des environnements de travail à des travailleurs indépendants comme à des salariés ou à des start-up.
Source: theconversation.com
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